Quelle sera l’augmentation des loyers en 2026 ?

L’indice de référence des loyers (IRL) du deuxième trimestre 2026 affiche une hausse de 1,15 % sur un an. Cette reprise tranche avec le ralentissement observé les trimestres précédents.

Pour autant, la revalorisation théorique permise par l’IRL ne se traduit pas mécaniquement dans les loyers réellement payés : l’Insee relève une progression de seulement 0,2 % entre avril et juillet 2026. Comprendre cet écart, c’est comprendre ce que 2026 change concrètement pour les locataires et les bailleurs.

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Évolution de l’IRL trimestre par trimestre en 2025-2026

Trimestre Variation annuelle de l’IRL
T4 2025 +0,79 %
T1 2026 +0,78 %
T2 2026 +1,15 %

Après plusieurs trimestres de décélération continue, l’IRL repart à la hausse au deuxième trimestre 2026. Ce rebond est lié à la reprise de l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, qui sert de base au calcul.

L’IRL du T2 2026 s’établit à 148,37 en France métropolitaine, 146,94 en outre-mer et 146,22 en Corse. Ces trois valeurs distinctes impliquent des révisions légèrement différentes selon la localisation du logement.

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Agent immobilier devant un immeuble haussmannien présentant une annonce de loyer, contexte de la hausse des loyers 2026

Écart entre l’IRL et la hausse réelle des loyers en 2026

Un IRL à +1,15 % ne signifie pas que tous les loyers augmentent de 1,15 %. L’indice fixe un plafond de révision, applicable uniquement si le bail contient une clause d’indexation et si le bailleur en fait la demande. En pratique, la hausse réelle des loyers reste inférieure à l’IRL.

L’Insee publie en septembre 2026 une donnée éclairante : les loyers des résidences principales louées vides progressent de 1,6 % sur un an en juillet 2026. Ce chiffre global masque une réalité contrastée.

Parc privé contre parc social : deux dynamiques opposées

Le secteur libre enregistre une hausse de seulement +0,9 % sur un an, bien en dessous du plafond IRL. En revanche, le parc social affiche +2,9 % sur la même période. Cette divergence s’explique par les mécanismes de fixation propres au logement social, où les revalorisations suivent des grilles réglementaires distinctes de l’IRL.

Pour un locataire du parc privé, la modération observée tient à plusieurs facteurs :

  • Les bailleurs n’appliquent pas tous la révision maximale autorisée, notamment dans les marchés détendus où la vacance locative incite à la prudence
  • L’encadrement des loyers, en vigueur dans plusieurs grandes villes, limite la marge de manoeuvre lors des relocations et des renouvellements de bail
  • Entre avril et juillet 2026, les loyers n’ont progressé que de 0,2 % en trois mois, signe que la hausse annuelle ne s’accélère pas au second semestre

Encadrement des loyers : un dispositif en sursis fin 2026

Le risque réglementaire majeur de 2026 ne concerne pas l’IRL mais l’avenir même de l’encadrement des loyers. L’expérimentation arrive à échéance fin novembre 2026. Sans nouveau texte voté, le dispositif disparaît dans les villes qui l’appliquent.

Le gouvernement a envisagé une prolongation transitoire de deux ans, sans pérennisation ni extension à de nouvelles communes. La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a publié une analyse en septembre-octobre 2026 reconnaissant que l’encadrement produit une modération mesurable dans plusieurs villes, sans dégradation durable de l’offre locative attribuée au dispositif.

Ce que changerait la fin de l’encadrement

Si le Sénat ne vote pas la prolongation, les loyers pourraient être fixés sans référence au loyer médian de quartier dans les zones concernées.

Pour les bailleurs, la disparition de l’encadrement ouvrirait la possibilité de fixer librement le loyer lors d’une relocation. À l’inverse, son maintien continuerait de plafonner les loyers à la relocation dans les zones tendues, indépendamment de l’évolution de l’IRL.

Jeune couple de locataires consultant leur budget loyer sur un ordinateur, face à l'augmentation des loyers prévue en 2026

Calcul de la révision de loyer avec l’IRL du T2 2026

Pour appliquer la révision, le bailleur utilise la formule suivante : loyer en cours multiplié par le nouvel IRL, divisé par l’IRL du même trimestre de l’année précédente. La date de référence dépend de ce que prévoit le bail.

Avec un IRL T2 2026 à 148,37, un loyer de 800 euros indexé sur le deuxième trimestre donnerait une augmentation d’environ 9 euros par mois. La révision n’est ni rétroactive ni automatique : le bailleur doit notifier la hausse au locataire pour qu’elle prenne effet.

Trois points à vérifier avant toute révision :

  • La présence d’une clause de révision dans le bail, sans laquelle aucune indexation n’est possible
  • Le trimestre de référence mentionné au contrat, qui détermine quel IRL appliquer
  • Le respect du délai : si le bailleur oublie une année de révision, il ne peut la rattraper que dans la limite d’un an en arrière

La hausse de l’IRL au T2 2026 ramène l’indexation au-dessus de 1 % pour la première fois depuis un an. L’écart avec les loyers réellement payés montre que le marché reste plus modéré que le plafond légal ne le suggère. Le vrai tournant de 2026 se joue sur l’encadrement des loyers, dont la survie législative déterminera bien davantage le niveau des loyers dans les zones tendues que la variation de quelques dixièmes de point de l’IRL.